Adieu Professeur! / Philippe Di Nacera

La rédaction de PôleAfrique.info et le directeur de ce média en ligne que je suis, sommes particulièrement attristés par le décès du Professeur Sery Bailly. Ce grand intellectuel ivoirien n’est plus. Nous lui rendons hommage et adressons nos condoléances à sa famille.
 
Pendant plus d’une année, à PoleAfrique.info, nous avons collaboré ensemble. La création de ce site d’information, en juin 2016, répondait à la volonté de contribuer, en dehors des lignes partisanes, à la diversité du débat public ivoirien et à sa normalisation. C’est dans cet esprit qu’a été réunie notre équipe, dont le professeur Bailly était le plus éminent membre. Nous cherchions la diversité et la qualité. En le contactant, je savais que je m’adressais à l’un des fondateurs du FPI et aussi, l’un des plus grands intellectuels de ce pays.
 
Je lui ai donné carte blanche pour écrire chaque semaine sur ce qui l’inspirait dans l’actualité ivoirienne. Il a cru au projet. Je lui suis reconnaissant de la confiance qu’il a placée en nous. C’est ainsi que, chaque semaine, tel un métronome, il nous a livré ses analyses. Des petits bijoux d’intelligence, de culture et, disons le mot, de classe intellectuelle. Nous publions à nouveau tous ses éditoriaux dans une bannière spéciale. 
 
C’est une grande fierté d’avoir publié ces textes du professeur Séry Bailly, sûrement ses derniers textes de presse, qu’une maison d’édition française avait décidé de rassembler dans un ouvrage. Des textes dont la langue et la subtilité d’esprit m’ont chaque semaine ébloui. Cet homme était un puit de connaissances. Et s’il ne cédait jamais un pouce de terrain quand il s’agissait de ses convictions, il le faisait toujours en suggérant plus qu’en imposant. Il respectait les lecteurs, cherchait à les convaincre et les poussait à se surpasser.
 
J’ai eu aussi la chance d’assister à une conférence du professeur Séry Bailly. C’était au Didiga festival, dans un petit village du sud-ouest de la Côte d’Ivoire, Yacolidabouo. Ce festival a pour but de promouvoir la culture bété, dont il était issu. Dans cette salle bondée, certains spectateurs avaient parcouru des centaines de kilomètres pour l’écouter. C’est là que j’ai découvert, après sa plume, la qualité d’orateur, de conteur même, du professeur Séry Bailly et la profondeur de sa connaissance des cultures ivoiriennes. J’ai compris à quel point cet homme, respecté par ses pairs, aimé de ses anciens élèves et apprécié par la société civile, était précieux pour la Côte d’Ivoire. 
 
Adieu Professeur! Et merci.
 
Philippe Di Nacera
Directeur de PoleAfrique.info
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