Bloléquin- Les jeunes demandent « pardon », ANNE OULOTO, » Nous n’allons pas nous entendre sur le cas des incarcérés »

La population du Cavally a présenté ses excuses publiquement à la nation ivoirienne ce dimanche 15 avril, après les événements malheureux du 17 fevrier dernier qui ont causé la mort d’un jeune motocycliste et un gendarme. Avec à la clé, l’attaque de plusieurs symboles de l’Etat. Sans oublier ceux du Goin-débé.
 
Genoux à même le sol, la jeunesse a imploré le pardon du chef de l’État et de toute la nation à Bloléquin.
 
Ils sont venus des 4 départements du cavally, ces jeunes accompagnés de leurs parents chefs coutumiers pour montrer à la face du monde qu’ils regrettent leurs actes avec la symbolique du rameau en pays Wê. Qui signifie le pardon.
 
Nous les jeunes du Cavally, nous nous sommes rendus coupables d’actes d’incivisme. Des actes qui ternissent l’image de notre région. Le gouvernement ivoirien, face à cette situation s’est résolue de réagir vigoureusement, avec l’arrestation de 51 personnes incarcérées à la prison civile de Daloa. Nous avons jugé bon de demander pardon à la nation toute entière qui aspire légitimement à la paix et à l’éradication de la violence. C’est pourquoi nous organisons cette journée pour essuyer l’affront que nous avons fait à notre propre nation》, a indiqué au nom de la jeunesse Bohé Paul Marinère. Qui plaide pour la libération des 51 personnes détenues.
 
Emissaire du gouvernement et fille de la région le ministre Anne Desirée Ouloto n’est pas allée du dos de la cuillère au cours de cette cérémonie de pardon.《Lors de la rencontre du corps préfectoral avec le chef de l’État, il a été mentionné que l’incivisme des populations et la violence sont grandissants de plus en plus chez les jeunes avec l’attaque des symboles de de l’État. De la violence verbale à la violence physique des localités ont été citées y compris ma région. Je vous dis que j’ai eu honte. J’étais le seul membre du gouvernement dont la localité était citée. Voici, ce à quoi on m’identifie. Anne Désirée Ouloto, la fille de la région violente. Dans votre élan, vous embarquez tout le monde, des personnes respectables. Est-ce que ce pardon est sincère? Je ne pense pas que ce pardon soit une mise en scène pour que nous revenons encore ici dans 6 mois pour faire la même chose》,a-t-elle planté, ainsi le décor dès sa prise de parole.
 
Poursuivant, le ministre en charge de la Salubrité, de l’Environnement et du Développement Durable a rassuré les uns et les autres du pardon du président de la République qui a demandé que la procédure soit accélérée afin que les innocents soient relaxés et que ceux qui ont fait quelque chose paient pour ce qu »ils ont fait. Dans un langage franc, la native de Klahon a signifié aux jeunes que le plus dur ne fait que commencer. 《Le plus difficile commence maintenant pour vous. Vous demandez la libération de ceux qui sont en prison. C’est là que nous n’allons pas nous entendre. On politise tout dans notre région. Pour l’éducation d’un enfant, on ne négocie pas. Mon rêve est d’avoir une jeunesse responsable, engagée pour la paix et le développement. Une jeunesse responsable ne se fait pas justice. Une jeunesse responsable est une jeunesse qui au lieu de montrer ses muscles montre son intelligence. On ne peut pas changer ce qui est déjà passé mais on peut changer ce qui va arriver. Et pour cela on doit changer de comportement en disant non à la drogue, en acceptant la vérité et en cultivant nos valeurs par le respect des autorités, des chefs coutumiers, des élus et des aînés. Pendant que vous êtes dans la violence ici, les autres ailleurs font des projets pour leur avenir. On passe notre temps à réparer les tords, à soigner les plaies, enterrer les morts》,a asséné Anne Désirée Ouloto.
 
Par ailleurs, l’émissaire du gouvernement a invité à réfléchir car le temps du désordre et de la violence est terminé.《Le temps de la violence et du désordre est terminé. J’invite les responsables des jeunes des 4 départements à organiser des tournées de sensibilisation pour expliquer le bien fondé de la non violence et de la justice. Un État sans justice est un état condamné à sa propre destruction et qui ne sera jamais en paix. La vérité et la justice conduisent à la paix. Si les gens ne paient pas pour leur actes, ce sont les parents et les élus qu’ils vont tuer demain. Je travaillerai avec une jeunesse responsable qui va grandir avec moi》, a-t-elle indiqué à la jeunesse.
 
Aux cadres, la collaboratrice du président de la République a demandé d’arrêter de faire la politique avec les jeunes et de les manipuler. Afin de confier la région à une jeunesse responsable et mature, une fois que l’heure de la retraite aura sonné. Pour elle, il ne faut jamais faire de la politique quand il s’agit de l’éducation de la jeunesse. Aux chefs coutumiers, Anne Désirée Ouloto, a demandé de soutenir les cadres à aider les jeunes à marcher dans la vérité. Quant au corps préfectoral et les forces de défense et de sécurité, il a été question pour le ministre de la Salubrité, de l’Environnement et du Développement Durable de les encourager à pardonner et travailler au renforcement de l’autorité de l’État et la confiance avec la population, tout en tournant la page des jours sombres.
 
Selon Anne Désirée Ouloto, pour apporter de réelles solutions au problème des jeunes dans la région, les états généraux de la jeunesse du Cavally seront organisés dans les jours à venir.

Jean Olivier DAN (Correspondant région Ouest)
Source: rédaction PôleAfrique.info
 
 
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