Ces « microbes » sans antidotes, les fumoirs et les forces de l’ordre / Adam’s Régis SOUAGA

Yopougon Koweït et Abobo plaque 1 ont été envahis par des colonies de bandits armés de machettes, couteaux, haches, « djroko », qui se sont affrontés à yopougon pour le contrôle d’un fumoir, agressant au passage d’honnêtes citoyens dans le premier cas avant qu’une agression ciblée ne soit menée par ces scélérats à Abobo plaque 1. L’intervention de la police a permis la saisie d’un minicar de type dyna et des armes blanches aux lames rouillées à Yopougon quand ceux d’Abobo se fondaient dans la nuit à la vue des policier.

Après la vaste opération policière suite à l’assassinat d’un jeune policier au sable, à Yopougon, avec l’arrestation du cerveau et de plusieurs bandits, opération saluée par la population, on est retombée dans nos habitudes. Là où il eut fallu accentuer la pression sur la gangrène.

En écoutant les uns et les autres, il ressort que c’est autour et dans les fumoirs de drogue que le nid du banditisme se développe. Or, ce n’est un secret pour personne que des éléments des services de police et de gendarmerie sont des amis, pour ne pas dire plus des vendeurs et autres fournisseurs de drogue. A Abidjan et à l’intérieur, le scénario est le même. Quand certains n’en sont pas arrivés à tirer sur le joint ou snifer, ils ont eu leur plantation de café et de cacao par le racket de ces voyous sans nom.

A Abobo Colombie, dans une maison dont le propriétaire a fini par lâcher prise, de jeunes drogués ont creusé des trous dans le mur. Un groupe fait le guet dehors avec des pieds de biche. Le fournisseur, arrive sur une grosse moto noire, avec un acolyte assis à l’arrière, livre la marchandise, prend possession du magot et se tire. Nous sommes en pleine journée dans un secteur quadrillé par le District de police d’Abobo, le commissariat du 15e arrondissement et celui du 14e arrondissement. La gendarmerie effectue des patrouilles sans oublier le CCDO. Sont-ils plus forts que nos forces de l’ordre ?

La passive action de certains responsables de la police dans la tranquillité que connaissent les créateurs et animateurs de fumoirs, dénoncés au prix des risques encourus est un problème d’éthique sociale et professionnelle. Le président du comité de gestion d’une structure de l’Etat a été menacé par de des jeunes fumeurs et revendeurs de drogue suite à une dénonciation faite dans un commissariat de Cocody. Son arrière-cour transformée en fumoir lui rendait la vie difficile. Parti alerté les policiers, il s’est retrouvé en face de ceux qu’il a dénoncés. Un des policiers était passé par là, informer sa source d’entrée de devises secondaires. Voici le visage de cette police chargée de traquer la drogue et ceux qui s’y adonnent. Il ne faut donc pas s’étonner que le phénomène « microbes » devenu le générique du banditisme de tout acabit, prolifère. Il faudrait au Directeur Général de la police, à l’Inspection générale des services de police, lancer une opération interne de traque aux ripoux et autres policiers engraissés par l’argent de la drogue. Il faudrait que pour une fois, quelqu’un, oint de l’autorité publique, fasse son travail convenablement et en soit fier.

Des interpellations sont faites parmi de pauvres hères, que la vie a rejeté depuis belle lurette mais jamais, les gros bonnets qui supervisent l’entrée dans le pays et tirent de gros bénéfices.

A ce rythme, l’émotion que suscite l’existence sanglante de ces renégats aux couteaux et machettes ne devrait plus émouvoir. Passé l’émoi des premiers moments, on essaie de s’y faire en se confiant à Dieu.

Adam’s Régis SOUAGA
Source : rédaction PôleAfrique.info

Facebook Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *