Education/Formation Comment les TIC changent l’enseignement en Côte d’Ivoire

Comment les TIC changent l’enseignement en Côte d’Ivoire?

L’introduction des Technologies de l’information et de la communication (TIC) à l’école commence à produire ses premiers résultats.

La numérisation de l’administration ivoirienne annoncée dans le programme de la gouvernance Ouattara prend forme avec le secteur éducation/formation. Pour la maitrise des effectifs scolaires, la Côte d’Ivoire a instauré depuis 2012, la carte scolaire numérique. Elle se fonde sur une base de données recueillie grâce à l’inscription en ligne. En plus de la maîtrise des effectifs, l’usage des Technologies de l’information et de la communication (TIC) est envisagé pour  les examens scolaires 2016 dans les différents ordres d’enseignement. A la Direction des examens et concours (Deco) du ministère de l’Education nationale, on indique que cet usage vise à lutter contre la fraude. « Nous avons numérisé les examens cette année pour contrer la fraude », a annoncé Kandia Camara, ministre de tutelle lors du lancement des examens à grand tirage, le 2 juin dernier. « Quand un enfant renseigne ses données (âge, sexe, numéro de matricule…), le fichier nous parvient directement. Nous veillons donc au grain », indique, par ailleurs, un travailleur de la Deco. Cette stratégie est basée sur le fichier numérique ayant servi à confectionner la carte scolaire, poursuit notre interlocuteur.

C’est le même son de cloche au niveau de l’Enseignement technique et de la formation professionnelle. Selon Casimir Atsé Akaffou, directeur de la certification des examens et concours (Dcec), la plus significative des innovations impulsées à l’aide des TIC dans l’organisation de ces examens est le système intégré de gestion des examens et concours (Sigec). Ce système, dit-il, gère tout le processus depuis l’inscription en ligne, le paiement des droits d’examen en ligne, en passant par l’élaboration des fiches de tables, la rémunération des examinateurs jusqu’à la proclamation des résultats. Il note aussi comme acquis, l’introduction des codes à barres dans l’anonymisation des copies et l’impression des convocations des candidats à partir d’internet. Il salue la célérité et la crédibilité des examens grâce au numérique.

Les TIC interviennent également dans l’apprentissage. En 2014, Thierry N’Douffou, jeune informaticien ivoirien invente la première tablette éducative d’Afrique. Cette initiative privée reçoit le soutien de l’Etat. Des discussions sont en cours avec les départements ministériels du secteur éducation/formation en vue de sa vulgarisation. La tablette éducative de N’Douffou est l’exemple type de la numérisation des manuels scolaires. Elle est déjà  utilisée dans près de 200 écoles en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Niger et au Maroc. Par ailleurs, Abidjan prospecte l’enseignement à distance. Des échanges sont menés entre le Ministère ivoirien de l’Enseignement supérieur et  la Suisse. Ceci, dans le cadre du Programme d’Appui Stratégique pour la Recherche Scientifique (Pasres). L’université numérique fait également partie du projet du gouvernement ivoirien.
C’est dans la dynamique de ces acquis et ces ambitions  que la Côte d’Ivoire présente à ses invités du 8 au 9 juin 2016. Ce, à l’occasion du deuxième Forum ministériel africain sur l’intégration des TIC dans l’éducation  qui se tient à Abidjan. Il s’agira pour les participants de plancher sur  la fourniture d’un accès universel à une éducation de qualité et à des possibilités pertinentes d’apprentissage en Afrique. Le Forum prévoit aussi l’établissement des partenariats en vue d’accélérer l’utilisation et l’intégration des TIC dans l’éducation et la formation.

Nesmon De Laure

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