Électricité- Barrage de Soubré en service, les ivoiriens demandent la réduction du prix de l’électricité

Le barrage hydroélectrique de Soubré au sud-ouest de la Côte d’Ivoire a été mis en service le 02 novembre dernier par le Chef de l’État Alassane Ouattara. Il fournira 275 mégawatts supplémentaires sur le réseau électrique ivoirien. Mais aura t-il un impact réel sur les factures d’électricité des consommateurs? Poleafrique.info a donné la parole aux ivoiriens et les avis sont mitigés.

L’inauguration du barrage de Soubré après 4 ans de travaux est une véritable fierté pour la Côte d’Ivoire. Le pays vient de porter à 5, le nombre de ses barrages hydroélectriques avec une augmentation significative de sa capacité énergétique, qui est passée de 1925 à 2200 mégawatts. Des chiffres que certains ivoiriens ont du mal à interpréter. Ils espèrent seulement voir des répercutions positives sur leur quotidien notamment, une baisse significative du coût de l’électricité.

« La seule chose que je sais, est que lorsqu’on dit que la capacité énergétique de mon pays a augmenté, cela signifie qu’il y aura de l’électricité pour tous. Il n’y aura plus de coupures inopinées  et le coût de l’électricité va baisser. C’est tout ce que j’attends. Le reste c’est pour les intellectuels sinon à quoi sert toute cette campagne médiatique autour d’un barrage hydroélectrique,  si ce n’est pour améliorer notre quotidien ? » se demande Florence Lagou, ménagère.

Comme elle, Jean Yves Dalié espère voir l’Etat va réduire le prix du kilowattheure qui est actuellement à 66 Francs CFA hors taxe depuis 2016. « Je pense que quand on fait l’inauguration d’un barrage de près de 4 kilomètres avec une cérémonie comme on l’a vue à la télévision nationale, c’est qu’il y a de l’espoir. Je sais que plus de 15 villages ont déjà été électrifiés et donc il doit avoir une baisse du coût de l’électricité. On accuse souvent la CIE pour l’augmentation de ses factures alors que c’est l’État qui fixe le prix du kilowattheure. J’espère sérieusement qu’il va revoir cela à la baisse car on souffre et cela le Président doit le savoir »a réagi le jeune fonctionnaire.

En plus de celui de Soubré, le gouvernement ivoirien a en projet, la construction de deux autres barrages. Il s’agit de celui de Botoubré qui apportera 156 mégawatts supplémentaires et Gribo popoli pour 108 mégawatts, toujours dans la région de la Nawa, au sud-ouest de la Côte d’Ivoire. Mais, pour Keita Ibrahim, professeur de mathématiques dans un lycée public de la place, les ivoiriens « doivent arrêter de rêver ».

 « Quand j’entends parler de réduction du coût de l’électricité après la mise en service du nouveau barrage, je ris. La seule amélioration qu’il y aura, c’est une meilleure couverture énergétique du pays. Plus de villages électrifiés, moins de délestage mais j’ai bien peur que le coût de l’électricité augmente de plus bel car ce barrage, il faut l’entretenir. Il a offert des emplois, il faut rémunérer toutes ces personnes. Il y a tant à faire et je pense qu’il faut arrêter de rêver. La Côte d’Ivoire préférera vendre son électricité à d’autres pays plutôt que d’en baisser le prix, c’est moi qui vous le dis » a estimé l’enseignant.

« Le barrage hydroélectrique de Soubré a utilisé quatre fois plus de béton que le pont Henri Konan Bédié » selon Thierry Tanoh, ministre ivoirien du pétrole, de l’énergie et du développement des énergies renouvelables. D’un cout de 331 milliards de Francs CFA, ce barrage se présente comme le plus cher et le plus grand du pays. Pour Martial Ahoutou, chef d’entreprise, il faut promouvoir d’autres formes d’énergie pour réduire les dépenses.

« L’État doit libéraliser le secteur énergétique en Côte d’Ivoire. Construire des barrages n’aura aucun impact sur le coût de l’électricité mais la libéralisation, si. Permettre à plusieurs entreprises d’exercer dans le domaine de l’électricité et promouvoir l’énergie solaire. Il faut permettre à chaque foyer de choisir sa source d’énergie et partant, gérer ses dépenses domestiques. En Côte d’Ivoire, il est difficile pour les foyers à faible revenu d’utiliser les appareils électroménagers à moins d’avoir une électricité frauduleuse. Pourtant les choses évoluent et la vie doit normalement être plus agréable. Tant que l’État ne libéralisera pas le secteur, la souffrance des populations ne cessera pas » se désole l’entrepreneur.

Éric Coulibaly

Source : Rédaction Poleafrique.info

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