Electrification, Voici les villages bénéficiaires en 2019

Le discours du terrain est mieux que celui des réseaux sociaux ou des tribunes où les chiffres qui donnent le tournis sont brassés alors que la population se plaint. C’est ce que le gouvernement ivoirien a compris, qu’il a prévu l’électrification de 1000 villages cette année.

Le taux d’accès national à l’électricité à fin 2019 sera de 92% qui seront atteint avec l’électrification de 1000 nouveaux villages, a fait savoir Sylla Daouda, Directeur O&M Production à Côte d’Ivoire Energie qui ce samedi 13 avril présentait « l’état des lieux et impacts des politiques sectorielles dans la région de la Nawa », cas de l’énergie devant élus et population. Un invité, en la personne du ministre de la Communication et des Médias, Sidi Tiémoko Touré était parmi les auditeurs. Ainsi, au-delà de la région de la Nawa, évoquée dans un précédent article, un aspect plus macro-économique a été abordé.

Selon Sylla Daouda qui a expliqué les raisons des coupures d’électricité qui ne remettent pas en cause l’autosuffisance énergétique de la Côte d’Ivoire, des efforts sont consentis pour réduire le temps moyens de coupure de 55h actuellement à 22h soit la moitié, voire, 10h/an à l’horizon 2020.

Pour l’heure, révélerons les techniciens, 2229 KW d’électricité sont installés en Côte d’Ivoire, lesquels vont s’accroître avec la construction en cours du barrage de Gribo Popoli (112 MW) et celui en perspective de Boutoubré toujours dans la région de la Nawa.

Dans la région de Soubré, il ne reste que 12 villages pour un taux de couverture de 100%.  En 2011, le taux de couverture national était de 34% et est passé à 58% en 2018 pour se situer à 69% actuellement avec un objectif à fin 2019, de 92%.

Il s’agira de passer à plus de 4000 villages à électrifier là où pour l’heure, 75% des villages sont électrifiés. Dans la région qui a vu la construction du dernier barrage hydro-électrique, à fin 2018, le taux de couverture était de 45%. Fin 2019, il se situera à 94.06%, un véritable bond qui résultera de l’électrification de nombreux villages avec une conséquence positive sur l’activité économique.

La Côte d’Ivoire s’est inscrite dans un projet sous-régional d’interconnexion électrique avec le Libéria, la Sierra Leone et la Guinée. L’avantage est situé par Sylla Daouda qui estime que cette interconnexion « garantit la stabilisation de la fourniture du courant électrique. »

Si l’on se satisfait du changement de la ville de Soubré avec les nouvelles cités qui ont germé de terre pour la relocalisation des populations impactées par l’ouvrage, cette modernité n’est pas du goût de tous. Doukou Wawa Julien, fils de Kopéragui, un des villages autochtone déguerpi, lance un appel à l’Etat afin de revoir à l’avantage de la population, les conditions nouvelles de vie en ville. « On était au bord de l’eau et le barrage est venu prendre notre barrage. Nous sommes donc un village impacté. Nous ne payions pas d’eau et étions dans l’obscurité. Nos parents ne sont pas habitués à payer des factures d’eau et de courant. On lance un appel à l’Etat, on demande pardon, qu’il supprime les factures d’eau et de courant, c’est mon cri de cœur » a-t-il fait savoir lors de la visite du ministre Sidi Touré dans ce village installé sur son nouveau site.

Son chef de village, a expliqué que « Côte d’Ivoire Energie a mené des sensibilisations bien avant le déguerpissement sur la façon dont nous devrions gérer l’argent des dédommagements. » Son amertume se situe au niveau de ses compatriotes dont les maisons sont construites mais ne sont pas encore occupées par leurs propriétaires.

Il est fait mention de centaines de millions de FCFA payés à certains propriétaires terriens en plus des maisons de 2 à 5 pièces construites gracieusement avec toutes les commodités. La « voie du développement » qui est une initiative du ministère de la Communication et des Médias, permet, chaque trimestre de se faire une idée réelle de l’impact des politiques sectorielles sur le quotidien des ivoiriens. Les visites des journalistes se font en présence du ministre avec des échanges directs avec les représentants des différents ministères choisis. Pour cet acte 1, l’énergie, l’agriculture et le développement rural, les eaux et forêts et le tourisme dans la région de la Nawa étaient au fauteuil blanc. Les Directeurs régionaux ont présenté leurs tableaux d’activités avec peu ou prou de réussite. Il s’agit ainsi de “renforcer la communication de proximité de sorte à permettre aux communautés dans les villes et villages, d’être au fait des réalisations du gouvernement” a justifié le ministère de la Communication et des Médias.

 

Adam’s Régis SOUAGA, Envoyé spécial

Facebook Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *