Espagne : Puigdemont secoue la couronne, Rajoy dicte sa loi, la démocratie en cause?

Le leader indépendantiste Carles Puigdemont a été mis aux arrêts et devrait être présenté à un juge allemand. Cette arrestation et la mise sous contrôle de la Catalogne par Madrid sonne t-elle le glas de la démocratie?

La Catalogne de Carles Puigdemont avait organisé un référendum le 1er octobre 2017. De nombreux militants pro-indépendance (deux millions à voter malgré le veto de Madrid), une semaine plus tard, ont annoncé symboliquement l’indépendance de la « République de Catalogne ».

La riposte annoncée de Madrid arrive sans tarder : mise sous tutelle de la Catalogne, destitution du gouvernement de Carles Puigdemont, dissolution du Parlement et convocation d’élections régionales le 21 décembre 2017. 

Réfugié en Belgique depuis cinq mois pour éviter la prison espagnole après ces évènements. Carles Puigdemont a été arrêté ce dimanche par des policiers allemands, à 35 kilomètres de la frontière danoise, alors qu’il se dirigeait en voiture jusqu’à Waterloo, en Belgique, sa résidence provisoire.

Incarcéré à Neumünster, dans l’État septentrional du Schleswig-Holstein, il sera ce lundi présenté à un juge allemand. Ce dernier disposera de trois mois maximum pour accéder, ou non, à la demande d’extradition présentée par le Tribunal suprême espagnol. À Madrid, en effet, le juge Pablo Llarena entend juger Puigdemont pour « rébellion », une charge très grave pour le Code pénal espagnol, pouvant supposer jusqu’à 30 ans de prison.

Joint par Poleafrique.info, Palé Dimaté, Spécialiste des questions internationales, a été un peu plus clair sur la forme de l’Etat Espagnol.

« L’Espagne fait un jumelage de système. Il y a le système monarchique avec le Roi d’Espagne et puis maintenant une partie de démocratie. C’est un jumelage qui souvent a des problèmes pour bien fonctionner. Je crois que les séparatistes de la Catalogne ont jeté l’éponge lorsqu’on a suspendu le président, on a dissout le gouvernement catalan. Mais aujourd’hui, les élections, se sont encore les séparatistes qui les ont gagnées. Alors c’est la preuve que certainement le peuple de la Catalogne avait vraiment raison de demander la séparation. Du coup à partir du moment où il y a eu des élections et que l’ancien président ne s’est pas présenté, je pense qu’on aurait pu économiser cette escalade de plus en l’arrêtant. Je pense que cela va empiéter sur les principes élémentaires de la démocratie. Je souhaite justement qu’il soit rapidement libéré » a indiqué Palé Dimaté.

Cette arrestation a aussitôt donné suite à une  manifestation houleuse à Barcelone où des milliers de séparatistes catalans sont descendus le même jour dans les rues, affirmant que l’arrestation en Allemagne de Carles Puigdemont ne mettrait pas un terme à leur marche vers l’indépendance, les plus échauffés se heurtant à la police.

Aussi, vont-ils devoir élaborer une stratégie pour sortir de l’étau dans lequel Madrid les soumet. Car le temps presse et en mai, si les sécessionnistes n’ont pas présenté un candidat au casier judiciaire vierge, alors le chef du gouvernement espagnol, le conservateur Mariano Rajoy, sera en droit de convoquer de nouvelles législatives en Catalogne. Si les séparatistes perdent ce scrutin, tous leurs efforts pour former une « Nouvelle République indépendante » seront réduits à néant.

LADE Armel Kevin (Stagiaire)

Source : Rédaction Poleafrique.info

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