Gouvernance foncière- Plaidoyer pour une sécurisation de la pêche artisanale

Un atelier de formation sur les directives de gouvernance foncière de la FAO à l’endroit des acteurs de la société civile se tient à Abidjan du 18 au 20 décembre 2017. Au cours des travaux de groupe, la situation de la pêche artisanale retient l’attention.

L’eau est très souvent oubliée dans les discussions sur la gestion foncière. Pour rectifier le tir, le groupe 5 de l’atelier de formation sur les directives de gouvernance foncière de la FAO insiste sur le sujet. C’est une rencontre initiée par la Convergence globale des luttes de la terre et de l’eau ouest africaine (CGLTEAO) à l’endroit de sa représentation ivoirienne. Elle  se tient à Abidjan-Cocody du 18 au 20 décembre 2017.

Conduits par Lucie Tetegan, présidente de l’Association ouest-africaine pour le développement de la pêche artisanale(Adepa), les membres du groupe 5 ont planché sur l’insécurité dans la pêche artisanale. Trois cas de figure de conflit en mer ont été présentés. Il s’agit de l’incursion des bateaux de pêche industrielle dans les eaux réservées à la pêche artisanale.« Les pêcheurs industriels connaissent bien les lois. Dans chaque pays, il y a des règlementations. Ces pêcheurs sont obligés de signer des accords de pêche qui sont des conventions connues parce qu’ils n’ont plus de poissons dans leurs eaux. Ils connaissent les délimitations mais ils les enfreignent. Pour ce qui concerne la Côte d’Ivoire, ce sont les bateaux russes et coréens les plus impliqués », révèle Mme Tetegan présidente du groupe.

Ensuite l’accaparement des eaux, avec une nouvelle technique dans les eaux ivoiriennes est mis en exergue. Lucie Tetegan indique que « les industriels braquent des projecteurs sur une plateforme sur la partie réservée à la pêche artisanale. Les poissons ne supportant pas cette lumière, pour se mettre à l’abri, se dirigent vers la plateforme. Cela dure selon le souhait des industriels qui ont avec eux des vigiles armés. Les artisanaux ne peuvent pas les approcher et se plaindre », regrette la spécialiste. Ce cas « bafoue la législation, suscite un « sentiment d’impunité » et pose un problème d’insécurité. « Un arrêté ministériel a été pris récemment pour arrêter la pratique, mais reste à voir l’application », se montre vigilante l’actrice du secteur.

Le troisième cas présenté est celui d’un conflit foncier sur l’eau.L’exemple  du lac  Kossou, (à 40 km au Nord-Ouest de Yamoussoukro) est vu dans son règlement comme une bonne pratique, à renforcer.

« Le conflit s’est calmé car les règles ont été érigées par les parties elles-mêmes sous la houlette de la force Licorne qui était présente dans la zone. Mais nous estimons que les techniques modernes de médiation sont à prendre en compte, notamment la dimension genre et gérontocratie »,suggère Lucie Tetegan, présidente de l’Association ouest-africaine pour le développement de la pêche artisanale.

Toujours dans le sens des solutions, elle conseille que « l’Etat soit plus regardant sur la protection des pêcheurs artisanaux en mer. Beaucoup est fait, mais il reste encore à faire. Implications des pêcheurs professionnels, les Ong d’appui dans les décisions qui concernent le secteur », propose la porte-parole du groupe.

Les quatre autres groupes ont planché, entre autres, sur l’accaparement des terres impliquant l’installation minière, la construction de barrage, et les conflits communautaires.

Cet atelier se tient à la demande de la plateforme nationale ivoirienne avec une équipe de formation malienne. L’idée est de former et de partager les expériences afin d’influencer au niveau de la CEDEAO, les propositions sur le foncier.

Nesmon De Laure
Source: Rédaction Pôleafrique.info

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