Infrastructures routières- Les  usagers de l’axe Man-Kouibly dans la boue, le racket des jeunes fait rage, député: ” l’Etat recherche le financement”

Se rendre à Kouibly pendant cette saison pluvieuse relève d’un véritable parcours de combattant. Pour une distance de moins de 50 kilomètres, il faut mettre au moins 12 heures de temps en véhicule bien adapté et 24 heures pour les véhicules de transport en état de vétusté avancé.

Passagers, chauffeurs et syndicalistes racontent leurs mésaventures.
 
Pour nous rendre à Kouibly, c’est toute une gymnastique que nous faisons. Pour Mon dernier voyage à Kouibly,  j’ai quitté la gare de Man le jeudi 6 septembre et c’est le dimanche 9 septembre que je suis revenu à Man. Le jeudi, j’ai dormi en brousse avec mes passagers tant, la route était impraticable. C’est donc le lendemain vers 16h que j’ai pu franchi le corridor à l’entrée de Kouibly en venant de Man. Je pensais que mes soucis étaient finis. Que non! J’ai garé mon véhicule et les passagers ont fait le reste du trajet à pieds. Aucun endroit où mettre les pneus pour une quelconque manœuvre”, explique abattu Alain Kla, chauffeur sur la ligne Man-Kouibly. 
 
Alain Kla poursuit:《La route est complètement gâtée. On se débrouille comme on peut pour transporter les passagers. Mais les jeunes des villages que nous traversons ne nous aident pas. Ils oublient que ce sont leurs parents que nous transportons. Quand tu as le malheur de rester dans la boue, il faut payer au moins 6000f pour qu’on t’enlève de cette boue. Pourtant sur la route, il y a plusieurs endroits où le véhicule ne peut pas avancer sans l’aide des gens. Nous sommes fatigués mais, nous sommes dedans quand même》, soutient-il.
 
Les coupeurs de route
 
Pour avancer à certains endroits où le patinage fait rage, les chauffeurs font recours au son de riz. 《Sur la route, il y a des endroits où il y a trop de patinage. Nous payons des sacs de son de riz à hauteur de 2000f par sac et nous versons sur la route pour avancer. En plus de cela, pour éviter les attaques des coupeurs de route, on loue les services des FACI qui nous escortent jusqu’à destination. C’est vraiment pénible pour nous en cette période pluvieuse》, fait savoir Vamory Diomandé syndicaliste.
 
La route de Kouibly est dans un état piteux. Entre les villages de Guinglo et Datouzon, quand il pleut, pas question de s’y hasarder de peur d’abîmer son engin. Idem pour la côte qu’il faut gravir pour atteindre Gnoahé en partant de Kouibly. Même à pieds après la pluie, il faut s’agripper aux herbes en bordures de la route de peur de se retrouver les deux jambes en l’air. 
 
Entre Nidrou et Totrodrou, sans oublier Batiébly-Gnoahé, c’est la mer à boire pour les usagers de ce tronçon. Un nombre incalculable de points critiques sur cette route qui attend réhabilitation. 《Nos parents ici sont de gros producteurs de vivriers, grâce à la pluviométrie. Nous produisons beaucoup de produits de rente, tels que le cacao et le café. Mais que de difficultés pour évacuer ces productions. Nous en appelons à la magnanimité du Chef de l’État pour qu’il nous vienne en aide. Certains de nos villages sont inaccessibles par manque de route. Il faut agir vite sinon les choses deviendront difficiles en cas d’évacuation d’un cas urgent de malade》, plaide un habitant de Kouibly que PôleAfrique.info a rencontré à la gare de Man.  
 
Le député de Kouibly, Youté Innocent que PôleAfrique.info a joint par téléphone, dit avoir bon espoir suite aux démarches entreprises. Le bitumage de cet axe à calvaire est sur la table du gouvernement d’Alassane Ouattara.
 
On est en discussion avec le ministère de l’équipement et de l’entretien routier. L’association des cadres de Kouibly dont j’ai conduit la délégation a également été reçue par le ministre. Les négociations sont plus avancées. Il y a eu des études qui ont été entreprises et les coûts réels sont connus. Cette phase étant terminée selon le ministère, c’est celle de la recherche de financement qui est en cours. On croise les doigts. On a aussi entrepris des démarches annexes pour cela. Il ne faut pas raconter des bêtises aux populations. Un individu ne peut à lui seul faire plus de 100 kilomètres de bitume quelle que soit sa richesse. C’est de la démagogie en le disant. Je ne peux m’inscrire dans ce genre de propos. Ce que je peux faire, c’est de faire des démarches auprès du pouvoir public. On a bon espoir que les choses seront faites mais aussi, il faut compter avec la volonté politique du pouvoir central》, assure Innocent Youté, député de Kouibly.

En attendant, les populations continuent de broyer du noir sur cette route. 

Photo D’archives

 
Olivier Dan, Correspondant Ouest
Source: rédaction PôleAfrique.info
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