Interview / Alassane OUATTARA « Il n’y a aucun problème relationnel entre Guillaume Soro et moi »

En marge du 32ème sommet de l’Union africaine qui s’est tenue du 09 au 10 févier à Addis-Abeba, en Ethiopie, le Président de la République de Côte d’Ivoire, Alassane OUATTARA a accordé une interview à la radio française Internationale (RFI). Le Président ivoirien est revenu sur la démission de Guillaume SORO de la présidence de l’Assemblée nationale et sur l’acquittement de Laurent Gbagbo.

Le Président de la République, Alassane OUATTARA a accordé une interview à la radio internationale française (RFI) a l’occasion du 32ème sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, du 09 au 10 févier dernier. Alassane OUATTARA a passé en revue des questions de l’actualité politique du pays, notamment la démission de l’ex-président de l’Assemblée nationale Guillaume SORO.

Sur la question de savoir si la démission de Guillaume SORO ne mettait pas fin à une longue amitié, Alassane OUATTARA a répondu par la négative. « Guillaume SORO estimait qu’il était d’une idéologie politique qui n’était pas celle du RHDP, puisse que le RHDP est un parti libéral ; libéral social, lui SORO se considère marxiste. Donc, je comprends que de ce fait ce ne soit pas compatible avec ses convictions. », a-t-il assuré.

Il a tout de même reconnu les efforts de celui qui a été le premier Premier Ministre de son gouvernement en lui rendant un vibrant hommage. « J’ai beaucoup d’estime pour Guillaume SORO. C’est un jeune homme que je considère comme un de mes fils…Il a fait un travail important. Et il était engagé contre l’ivoirité, c’était la chose, je pense qui l’a amené vers moi comme beaucoup de jeunes qui considéraient que cette politique d’ivoirité dans les années 90 allait totalement détruire la Côte d’Ivoire… », a fait savoir Alassane OUATTARA. Pour lui, il est donc évident qu’une fois ces problèmes derrière nous, si Guillaume SORO veut mener une carrière politique conformément à ses convictions politiques, il est libre de le faire.

Sur la question de savoir s’il y a une logique à ce que le président de l’Assemblée nationale soit membre du RHDP, le Président de la République et président du RHDP a été très clair. « Mais, est ce que le président de l’Assemblée nationale française est du parti socialiste ? », a-t-il répliqué avant d’indiquer que « bien évidemment, c’est la majorité présidentielle qui désigne son président qui doit être de la majorité. Le RHDP est largement majoritaire, pratiquement les deux tiers du Parlement. Il faut bien que le président du Parlement soit issue du RHDP ».

Si cette démission de Guillaume SORO était considérée comme une démission forcée par l’exécutif, c’est-à-dire par le Président de la République, Alassane OUATTARA a fait savoir qu’il n’est pas homme à forcer qui que ce soit. Il a d’ailleurs indiqué qu’il a eu un bon entretien avec SORO et que le désormais ex-président de l’Assemblée Nationale lui aurait affirmé qu’il voulait prendre un peu de temps et envisage aller faire des études de MBA à Harvard. Il a dit en outre de ne pas exclure un éventuel retour du concerné au sein du RHDP.

Pour Alassane OUATTARA, si l’ex-président de l’Assemblée nationale souhaite se présenter à l’élection de 2020, il est libre de le faire car la Constitution le lui autorise et qu’il n’est pas question pour lui d’empêcher la candidature de qui que ce soit, comme certains l’aurait fait par le passé.

Le Président de la République indique qu’il ne considère pas Guillaume SORO comme un adversaire politique  mais « comme un jeune homme qui s’est attaché à sa personne, à son combat et à ses idées. Il a aussi fait savoir qu’il maintiendrai les rapports qu’il a toujours eus avec SORO. « Il n’y a pas de problème relationnel. Guillaume, je suis tout de même à un niveau ou on ne peut pas considérer que Guillaume puisse avoir un problème avec moi. C’est un jeune homme qui se dit très attaché à ma personne », a-t-il soutenu.

Sur la question d’une éventuelle entrée de Guillaume SORO dans la plateforme de l’opposition qu’envisage Henri Konan Bédié du PDCI-RDA, Alassane OUATTARA a affirmé que cela n’est pas dans son intérêt et qu’il le lui aurait signifié.

L’acquittement de l’ex-président Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé a été aussi abordé au cours cet entretien du Président de la République. Pour Alassane OUATTARA c’est un procès qui continue et qu’un coupable devrait être désigné pour responsable des 3.000 morts de la crise postélectorale de 2010-2011. Il a soutenu espérer que la justice fera la lumière sur ces morts.

DIANE Drissa, stagiaire

Poleafrique.info

 

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