Interview / Gui Hervé Serodé, candidat aux élections municipales à Guiglo à propos des violences électorales: “nous avions tiré la sonnette d’alarme”.

Candidat aux élections locales pour le poste de marie à Guiglo, Guy Hervé SERODE, président du groupe parlementaire Nouvelle Vision, revient sur l’incident du 6 octobre dernier. Pour lui, Guiglo a besoin de sortir de sa léthargie dans la quiétude et les bagarres.

Qu’est ce qui a motivé votre candidature?

C’est la population qui me l’a demandée. 

Quand vous regardez  Guiglo, les populations aspirent à un changement. Quand je suis rentré, avant même d’être candidat aux législatives, j’ai posé des actions. Les populations tombées sous le charme de mes actions m’ont demandé de me présenter.

Il se raconte que vous êtes trop jeune pour diriger une commune comme Guiglo. Qu’en dites-vous? 

Rire…Mais, si j’arrive à diriger un groupe parlementaire à l’assemblée nationale. Je peux diriger Guiglo. J’ai une carrière bien remplie. J’ai été chef de service contrôle qualité à la BNP Paribas, sous- directeur du contrôle Crédit en France. Arrivé au pays, j’ai été sous-directeur de la Lonaci dans le grand centre avec pour poste Yamoussoukro et après conseiller spécial du DG de la Lonaci. Je pense bien être prêt pour cette tâche et j’ai des épaules bien en place pour supporter tous ces challenges.

Il se dit aussi que vous n’êtes pas natif de Guiglo. Un mot à ce sujet.

Moi je ne réponds pas à ces insanités. Ma mère est de Goya 1 (Guiglo) et mon père est de Duekoué. Je suis gueré de père et de mère. Et puis quand on parle de développement, on n’a pas besoin d’appartenir à une ethnie, une religion ou un parti politique. Ce qui est bon de savoir, c’est que le développement peut avoir un visage et ce visage c’est Gui Hervé Sérodé. Jeunes, femmes, sages et tout le monde sont unanimes. Je ne tombe pas dans les schémas de petites personnes en manque de publicité. Parlant de développement, bientôt une usine sera installée ici pour la transformation d’hévéa. Le reste, c’est de vieilles pratiques. Nous sommes jeunes certes, mais nous avons compris ce que sait aller au développement. Un maire ne parle pas en terme de “Je” mais de “Nous”.

Qu’est-ce qui rend la situation politique tendue à Guiglo? Selon vous qu’est ce qui oppose les cadres?

Vous savez, depuis que le maire actuel est rentré dans la politique, c’est la merde. Au-delà des politiques, nous sommes des cadres de la région. Depuis que les maires se succèdent, il n’y a pas eu de grosse merde, à part la crise de 2011. Rien n’oppose les cadres. Le seul qui est problème à Guiglo c’est Bailler Benoît Severin. Il a même refusé la salle de réunion au FPI quand le professeur Hubert Oulaye a été libéré  la prison. C’est une salle publique qui appartient à une collectivité  et donc pour tout le monde. Il a un problème de grandeur.

Comment se déroule votre campagne présentement?

Elle se déroule très bien. Nous sommes dans une dynamique positive de pouvoir faire changer les choses. Aujourd’hui, il y a de nouvelles donnes, de nouvelles orientations politiques, une jeunesse consciente qui nous suit avec qui on échange régulièrement. A qui on demande la bonne conduite. En tout cas, tout se passe bien et ce qui nous intéresse c’est d’arriver au samedi 13 octobre et remporter la victoire.

Le samedi 6 octobre dernier vos partisans sont agressés, le lendemain, c’est votre cortège qui essuie des jets de projectile dans un village. Pour vous, c’est une alerte rouge ou autre chose?

Oui, pour moi c’est une alerte rouge. Depuis longtemps nous avons tiré sur la sonnette d’alarme. Le maire Baillet Ben et le président de la jeunesse communale n’ont que le vandalisme comme mode opératoire. Lors de l’enrôlement, j’ai été agressé dans mon village à Goya 2 par les hommes du maire sortant. Les autorités administratives en avaient été informées.

Pouvez-vous revenir sur les incidents du 6 octobre dernier.?

Le 28 septembre dernier je suis rentré à Guiglo où plus de 1500 personnes m’attendaient. Nous avons marché jusqu’à la Thanry. Nous avons établi donc notre programme  et le samedi 6 octobre, nous devons avoir un meeting à Mona à 13 heures. Entre-temps,  le maire devait avoir ce même jour son meeting mais à 9 heures.  A 13 heures, on m’appelle pour me dire que le maire est encore à Mona. Je demande à mon staff de mettre le cap sur Domobly. Encore là, nous apprenons que le maire a réquisitionné la seule salle que nous visions. Pour éviter des histoires, j’ai demandé à mon équipe de sortir de Zaké. Ce que nous faisons sans attendre. Pendant ce temps un membre de mon staff, natif de Mona resté derrière et agressé et son véhicule caillassé. Mon oncle est aussi pris en chasse jusqu’ au camp militaire par le président de la jeunesse communale et ses lieutenants qui caillassent son véhicule, blessent un jeune et giflent même un militaire. Le corps préfectoral nous reçoit et donne des consignes fermes. Au moment où on sortait de chez le préfet, j’apprends que ma maison est attaquée par les hommes du maire et du président des jeunes.  En général, dans cette affaire j’ai eu 3 véhicules caillassés, plus 5000 tee-shirts, 3 motos bousillées et 3 autres volées, les compteurs d’eau et de courant cassés ainsi plusieurs chaises malaga. Nous nous prônons la paix. Nous avons demandé à nos hommes de rester calme. Quand vous avez géré la crise du Goin-Debe et connaissant les conséquences de la crise, vous vous abstenez. J’ai demandé à mes hommes de ne pas céder à la provocation. Nous avons essuyé des jets de projectile à Yaoudé mais on a pas réagi. Nous avons compris que Guiglo doit sortir de la léthargie  et ce n’est pas en faisant des bagarres que nous y arriverons.

Entretien réalisé à Guiglo par

Dan Olivier, Correspondant Ouest

 

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