Interview / Sylla Nahaoua, jeune militante proche de Soro Guillaume : « voici  mon rêve pour la Côte d’Ivoire»

Sylla Nahaoua, vice-présidente de la jeunesse du Réseau des Amis de la Côte d’Ivoire (RACI-JEUNE) et coordinatrice nationale déléguée chargée de la mobilisation de la jeunesse féminine.  Le RACI est un mouvement politique proche de SORO Guillaume, président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire.

Comment êtes-vous entrée en politique ?

Notre entrée dans l’arène politique n’était vraiment pas préparée mais en analysant notre parcours nous pouvons affirmer que cela ne s’est pas fait sur un coup de tête ou par surprise. En toute modestie, nous dirons que notre entrée sur la scène politique est le résultat d’un long processus d’engagement et une suite logique de prise de position.

Etes-vous confrontée aux rivalités de positionnement en interne? Comment vous gérez les situations à votre avantage ?

 Parlant de rivalités de positionnement en interne, nous pouvons dire que le RACI, dans son acception première, est un rassemblement de personnes qui se veulent amies entre elles et amies de la Côte d’Ivoire. Et c’est en cela que le RACI en général et le RACI-JEUNE en particulier, conduit des mains de maître par CISSE DOGO LACINA KATCHENEFOWA, se distingue des organisations politiques connues jusque-là car dans une amitié on ne fait pas de guerre de positionnement. Nous œuvrons tous en synergie et dans une entente conviviale.

Cependant comme dans toute société régie par des principes et des idéaux, il existe souvent des divergences de point de vue nées de l’interprétation que font les uns et les autres. Nous arrivons, en équipe à les canaliser. 

Nous arrivons à les canaliser, à les conjuguer, à les prendre en considération afin d’être le plus efficace possible. Notre stratégie réside donc dans une démarche inclusive qui tient compte de toutes les suggestions et de toutes les remarques.

Quel est votre regard sur la présence des jeunes femmes dans le débat politique national ? Jouent-elles suffisamment leur partition ?

Je salue l’engagement et l’efficacité des femmes leaders d’opinion en Côte d’Ivoire. Certes il y en a plusieurs mais à mon avis l’implication de la jeunesse féminine dans la politique nationale est assez faible. Vu l’évolution récente du contexte politique ivoirien, les femmes doivent prendre la pleine mesure des choses et prendre leur responsabilité en s’y impliquant davantage.

La jeunesse féminine est encore beaucoup éloignée des questions de politique nationale, elles ont tendance à y prendre part de façon épisodique. La femme est une valeur sûre et tout aussi importante que les hommes. Nous les invitons donc à nous rejoindre afin de faire bouger les lignes et changer les choses.

Comment appréhendez-vous des conflits de générations dans la vie politique ivoirienne?

Malheureusement le climat politique ivoirien est assombri par des conflits de génération. C’est triste parce que c’est une question qui ne devrait même pas se poser. Une génération vient, joue sa part et s’en va puis une autre s’installe pour résoudre les problèmes de son temps. C’est une question de logique. Mais l’on constate que les aînés semblent vouloir établir une certaine hégémonie politique et se maintenir au pouvoir nonobstant les contingences nouvelles.

Il faut avoir de la sagesse politique pour comprendre que nous sommes dans une phase de transition générationnelle qui doit, au final, déboucher sur la fin d’un long cycle de crises sociopolitiques. Les « vieux » censés être les plus sages, doivent savoir partir afin de laisser la place à la nouvelle génération.

Quel est votre rêve pour la Côte d’Ivoire?

 Depuis des années nous assistions impuissants aux multiples crises qu’a connues notre pays. Ces crises sont nées tantôt du fait des mauvais choix politiques, tantôt de la soif de justice des populations. Face à ce déséquilibre profond auquel est en proie la société ivoirienne nous nourrissions le rêve de voir une Côte d’Ivoire où ‘appartenance ethnique ne dicte pas les choix politiques, un pays où l’appartenance religieuse n’est pas source d’exclusion. Nous rêvions d’un Etat où tout le monde a les mêmes chances,  où la gabégie et les mensonges politiques n’ont pas de place.

C’est à la recherche de cet idéal d’Etat que nous avons connu le RACI, mouvement citoyen dont les objectifs et les idéaux sont ceux qui peuvent faire de la Côte d’Ivoire une nation réconciliée et forte.

Interview réalisée par Nesmon De Laure

Source: Pôleafrique.info

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