ONU, Présidence ivoirienne au conseil de sécurité, sans droit de veto, impact mitigé

C’est une première dans l’histoire du pays. Du 1er au 31 décembre prochain, la Côte d’Ivoire assurera la présidence du Conseil de Sécurité de l’Organisation des nations unies (ONU). Dans le pays, la nouvelle est accueillie avec joie. Mieux, l’on rêve de l’obtention d’un droit de véto.

« C’est le signe que les crises sont derrière nous », ou encore « c’est la confirmation du retour de la Côte d’Ivoire sur la scène internationale » etc. La Côte d’Ivoire, présidente du Conseil de Sécurité des Nations Unies du 1er au 31 décembre prochain suscite des réactions depuis l’annonce de l’information ce jeudi 22 novembre en conseil des ministres. Pour Palé Dimaté, spécialiste des questions internationales, c’est une fierté et la manifestation achevée de la fin définitive des crises et notamment d’après les élections présidentielles de 2010.

« Ce n’est pas la première fois que la Côte d’Ivoire siège au Conseil des Nations Unies. Mais c’est la première fois qu’elle va présider cette institution et cela est tout d’abord une joie pour nous ivoiriens. La Côte d’Ivoire sort d’une crise et comme on le voit depuis un moment déjà, elle est intégrée au Conseil de sécurité, c’est le signe que la crise est derrière nous. Et on peut dire que c’est la manifestation achevée de la fin définitive de la crise », dit-il à Poleafrique.info.

Depuis janvier 2018, la Côte d’Ivoire siège au Conseil de sécurité de l’ONU en qualité de membre non permanent. Pour la première fois donc de son histoire, ce pays aura à présider cet organe. Selon les autorités ivoiriennes, cette présidence visera essentiellement à un partage d’expériences en matière d’opérations de maintien de la paix de l’ONU. On se rappelle qu’en 2003, alors que venait d’éclater dans le pays une rébellion armée, les nations unies avaient déployé des troupes (ONUCI) pour une opération de maintien de la paix. Laquelle mission s’est retirée mi 2017.

Selon Palé Dimaté, cette présidence n’aura pas grand impact sur cet organe de l’ONU, la Côte d’Ivoire n’ayant pas de droit de véto. Chose qu’il souhaite de tout son cœur que son pays obtienne. « La Côte d’Ivoire siège au Conseil de sécurité et pendant un mois, elle présidera cet organe, mais elle n’a pas le droit de véto. Notre souhait est que la Côte d’Ivoire ait le droit de véto pour que sa présence au Conseil de sécurité ait un grand impact. Mais le fait d’être déjà membre de cet organe donne la possibilité d’être au parfum d’un certain nombre d’informations concernant la sécurité internationale. Elle peut participer à la sécurité internationale et peut-être participer à la réforme du système du secteur de sécurité en Afrique et ailleurs dans le monde », analyse-t-il.

Il ajoute toutefois que durant tout ce mois de présidence, la Côte d’Ivoire a une sorte de droit de véto officieux qui n’impacte pas directement sur les choses. Mais qu’en tant que président de séance pendant un mois, ce pays peut influencer un certain nombre de décision concernant la sécurité. Car dit-il, c’est le président de séance qui dirige la parole et organise les réunions. Donc d’une manière ou d’une autre, la Côte d’Ivoire pourrait laisser son empreinte. Par ailleurs poursuit-il, ce sera l’image de la Côte d’Ivoire qui va planer autour des séances de travail et le pays pourrait donc influencer sur des décisions quand bien même qu’il n’ait pas de droit de véto.

Avantage au niveau national ? « Dès lors qu’un concitoyen ivoirien préside cet organe, c’est un caractère international qu’elle doit prendre. La position nationale n’intervient pas car il n’a pas un mandat impératif. Ce qui veut dire qu’il n’a pas à se référer à ce qui se passe en Côte d’Ivoire pour décider. Il doit prendre des décisions en fonction de la majorité qui se dégage là-bas. Ce n’est pas aussi son rôle d’y évoquer des problèmes de la Côte d’Ivoire mais plutôt du monde entier. En outre si un sujet concernant la Côte d’Ivoire est mis sur la table de discussion, il a le devoir d’éclairer les lanternes de l’opinion internationale de manière impartiale », fait le spécialiste ivoirien à Poleafrique.info.

Richard Yasseu
Source : rédaction Poleafrique.info

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