Sécurité transfrontalière- 16 ministres et des chefs de services de sécurité au laboratoire à Abidjan

Cela fait déjà 4 ans qu’ils ne s’étaient plus rencontrés. Ils se retrouvent à Abidjan dans le cadre de la troisième phase du programme SIPAO, pour discuter des stratégies à mettre en place pour la sécurisation de leurs frontières respectives. Les ministres et chefs de services de sécurité de la CEDEAO sont en Côte d’Ivoire, pour 3 jours de partage d’expériences.

Le programme SIPAO (Système d’information des polices d’Afrique de l’Ouest) a tenu sa première réunion du comité de pilotage et de coordination à Abidjan, le 14 février dernier, dans le cadre du financement du Fonds Européen de développement, en vigueur depuis octobre 2017. Des officiels de la commission de la CEDEAO, de l’Union Européenne et d’Interpol, ont pris part à cette réunion pour discuter de différents sujets dont l’étude sur la plateforme régionale, ou encore le statut des projets additionnels attribués par l’Union Européenne au Programme. Selon Jurgen Stock, secrétaire général d’OIPC Interpol, qui a cité quelques menaces qui pèsent sur la sécurité transnationale africaine, cette rencontre débouchera sur des avancées notables, dans la lutte contre la criminalité.

« La criminalité transfrontalière n’est en aucun cas un phénomène nouveau en Afrique de l’Ouest, cependant, aujourd’hui la région fait face à de nouvelles menaces émergentes qui représentent un danger pour la sécurité publique. Les organisations de criminalité internationale profitent des opportunités pour développer des réseaux de trafic de stupéfiants, de trafic d’armes et de traite de migrants. De ce fait, la lutte contre ces phénomènes recommande une réponse régionale et un réseau puissant. Je reste convaincu que les échanges que nous aurons ici à Abidjan, permettront d’atteindre des étapes significatives et de bons résultats » a-t-il déclaré, lors d’un point presse donné, à l’ouverture du séminaire.

La mise en œuvre du programme requiert donc la participation de tous. La commission de la CEDEAO et celle de l’Union Européenne ont réaffirmé, à l’unanimité, l’importance du système d’information des Polices d’Afrique de l’Ouest. Elles ont témoigné leur engagement sincère à la mise en œuvre dudit système. Francis Béhanzin, président de la commission sécuritaire de la CEDEAO, est revenu sur les différentes étapes et les résultats obtenus, dans la concertation des Polices d’Afrique de l’Ouest, contre la criminalité transfrontalière, avant d’indiquer que des efforts restent à faire.

« L’Afrique demeure vulnérable à de nombreuses menaces spécifiques malgré toutes les initiatives entreprises, pour sécuriser nos frontières. Fort de ce combat, la commission de la CEDEAO a décidé d’aller vers une vision plus concertée des services de sécurité en invitant cette fois, la gendarmerie et tous les autres corps de sécurité. Car beaucoup reste encore à faire. Si le terrorisme défie même les quartiers généraux de nos armées, cela signifie, que l’heure est grave » a indiqué, le fonctionnaire international.

La mise en œuvre du programme SIPAO réside dans le partage rapide d’informations de Police. Partant, la numérisation des dossiers encore physiques dans bon nombre de services du continent demeure une priorité. Selon le ministre ivoirien de l’Intérieur et de la Sécurité, Sidiki Diakité, « cette rencontre doit permettre d’accélérer le processus de modernisation des services encore à la traîne. Les Chefs de sécurité des pays présents à ce séminaire doivent donc présenter des propositions dès ce mardi, afin que leurs ministres prennent acte et enclenchent le mécanisme de transformation » a-t-il recommandé, avant de déclarer ouvert, les travaux.

Débuté ce lundi, la clôture de cette rencontre sous-régionale sur la sécurité transfrontalière en Afrique, prendra fin le mercredi 27 juin. 16 ministres de l’Intérieur et de la Sécurité sont attendus sur les bords de la lagune Ebrié.

Éric Coulibaly

Source: Poleafrique.info

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