Togo- Après l’UEMOA, la CEDEAO tente sa solution de sortie de crise 

Voici cinq mois que la crise togolaise perdure. L’opposition ne faiblit dans les manifestations et le Président Faure Gnassingbé demeure accroché à son fauteuil. Que faire ? Après plusieurs tentatives de médiation de l’UEMOA, la CEDEAO décide de prendre le taureau par les cornes, afin de trouver une solution durable de sortie de crise.

Ils réclament le départ de leur président. Les partisans de l’opposition ne veulent plus de Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005 après presque 40 ans de règne de son père, sur le même fauteuil.« C’en est trop » selon Jean Pierre Fabre qui ne « quittera pas les rues tant que Faure Gnassingbé demeure au pouvoir ». La tension est donc toujours palpable malgré les nombreuses missions de médiation, initiées par l’Union Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), ces derniers mois. Mais ce 16 décembre, après plusieurs rencontres sur la crise togolaise, lors du sommet UA-UE qui s’est tenu à Abidjan en novembre, la CEDEAO a produit un communiqué dans lequel, il exprime sa volonté d’aller plus loin dans les actions entreprises, en vue de ramener le calme dans le pays.

« La Conférence se félicite les initiatives déployées par la CEDEAO, en particulier les efforts louables menés par leurs Excellences, Professeur Alpha Condé, Président de la République de Guinée et Président en exercice de l’Union Africaine et Nana Akufo-Addo, Président de la République du Ghana, en vue de favoriser le rapprochement des partis politiques togolais et de promouvoir le dialogue pour une issue pacifique à la crise » a déclaré la Conférence des Chefs d’État et de gouvernement avant de hausser le ton « nous lançons un appel aux acteurs politiques togolais à s’engager pleinement et dans les plus brefs délais, dans un dialogue inclusif pour parvenir à la mise en œuvre des réformes politiques, dans le respect de la Constitution et des institutions démocratiques » a t-elle fait savoir, dans le communiqué final.

L’objectif pour la CEDEAO, éviter que le Togo ne bascule dans une crise plus profonde, comme ce fut le cas de certains pays de la communauté. Mais selon Eddie Guipié, politologue et enseignant chercheur à l’Université Péléforo Gon de Korhogo, la situation reste compliquée.

« La CEDEAO ramène l’opposition à sa copie. Elle réaffirme son soutien au Président Gnassingbé, qui n’a cessé de multiplier les rencontres, en vue d’une sortie de crise en sa faveur. Mais ce ne sera pas évident car l’opposition continue de manifester. La mobilisation est importante surtout à Lomé, la capitale. En plus, ce ne sont pas des marches insurrectionnelles mais pacifiques. Difficile de dire ce qui adviendra mais il faut juste savoir que Atchadam et ses amis ne démordront pas et donc il sera difficile pour Faure de s’en sortir, surtout que les opposants refusent la tenue d’un référendum. » a analysé l’universitaire.

En 1992, l’ancien Président togolais Gnassingbé Eyadema, avait modifié la Constitution abrogeant ainsi, la limitation des mandats présidentiels. Cette disposition lui a permis de se faire élire plusieurs fois, avant que son fils ne prenne les rênes du pays en 2005. Les marcheurs demandent donc que la Constitution togolaise, modifiée soit révisée, pour y réintroduire une limitation des mandats présidentiels, à un total de dix ans au plus, soit deux mandats, pas plus. Cependant pour le Professeur Dogbo Pierre, directeur de l’école des sciences politiques de l’Université Félix Houphouët Boigny d’Abidjan, la CEDEAO dans la résolution de la crise togolaise, ne peut aller au delà d’une simple interpellation, à l’endroit des acteurs politiques du pays.

« La CEDEAO est une organisation sous régionale qui ne peut en aucun cas s’ingérer dans les affaires intérieures d’un État. C’est vrai qu’elle le fait souvent mais elle viole ainsi sa propre charte. Concernant la crise togolaise, les Chefs d’État de l’espace CEDEAO arrivent en retard. Ce sont des pompiers après incendie car il y a trop longtemps que ça dure. Je pense qu’il faut laisser les togolais régler leurs problèmes et éviter d’envenimer la situation par une quelconque ingérence » a recommandé le politologue.

 Les appels à manifester de l’opposition se poursuivent au Togo. Les chefs d’État africains tentent de trouver une solution africaine à la crise. 

Éric Coulibaly

Source : rédaction Poleafrique.info

 
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